Madou MAIGA

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Madou MAIGA
Etudiant Technolab ISTA Tombouctou
Tombouctou
Tél. : 52 04 09 12

EQUITÉ ET ÉGALITÉ ENTRE GENRES AU MALI

Le Genre est défini comme la construction sociale et culturelle des hommes et des femmes. Les rapports entre les genres sont les relations entre les hommes et les femmes, vue dans une large perspective socioculturelle. Genre et développement est une approche qui se concentre sur les relations entre les hommes et les femmes avec pour but d’arriver aux conditions d’un développement équitable et soutenable

Les caractéristiques générales du genre au Mali :

La plupart des groupes ethniques sont historiquement divisés par une hiérarchie de nobles, de gens libres, de caste et d’esclaves. L’importance de ces catégories sociales dans la société malienne contemporaine est contestée, mais il semble raisonnable de dire que les relations patron-client reflète partiellement cet héritage historique. Je suppose que toutes les formes actuelles de vie sociale au Mali, incluant le système genre, sont influencées par ce système social hiérarchisé.

Les relations entre les genres sont parfois tendues, les femmes sont rarement dans une position de pouvoir choisir où et avec qui elles vont vivre. Les pères et les frères arrangent les mariages. Pour une femme qui n’aime pas son mari ou sa situation familiale, il existe peu d’alternatives si elle veut garder sa respectabilité en tant que femme mariée et mère. Ainsi, dans la majorité des cas, elle restera dans la famille de son mari. Une femme se trouve souvent dans une position d’infériorité, victime de la violence de son mari, en accord avec l’idéologie traditionnelle.  

 Elles ne jouent aucun rôle dans la politique du village et n’ont aucun lieu de rencontre. En général, elles n’assistent pas aux réunions des hommes et sont forcées de rester chez elles pendant que les hommes festoient.  Environ 80 % des Maliens sont musulmans et l’islam ne montre pas un visage intégriste.  

La domination du mâle, dans ces différentes formes socioculturelles et idéologiques, ses conséquences négatives sur la réduction de la pauvreté, la promotion de l’égalité et la démocratie, constituent le fil conducteur de ce rapport. Il existe bien sur d’autres facteurs importants, comme le système social hiérarchique, le climat sec et imprévisible et les crises économiques, qui contribuent à faire du Mali l’un des pays les plus pauvres du monde. L’analphabétisme, un système de santé insuffisant, des bas salaires et le chômage sont d’autres facteurs qui méritent d’être mentionnés. 

Distribution et contrôle des ressources :

La ségrégation des sexes et l’adhésion à la loi de la famille, religieuse et traditionnelle, sont les caractéristiques dominantes de la société. Le système idéologique et normatif fait que les hommes et les femmes dépendent l’un de l’autre pour la réalisation de leur l’être social. Les hommes ont besoin des femmes pour confirmer leur rôle de mari et père musulman. Les femmes ont encore plus besoin des hommes en tant que mari, père de leurs enfants et source de prestige féminin. Pour les femmes, l’importance du rôle d’épouse et de mère l’emporte sur les rôles et identités professionnels. D’ailleurs, pour la majorité des femmes, il n y a pas beaucoup d’alternatives autres que le mariage et la maternité.

Genre et ressources naturelles : 

Le faible niveau de participation des femmes dans la gestion des ressources naturelles peut être attribué à plusieurs facteurs. Les limites socioculturelles de la mobilité féminine et les difficultés des femmes à communiquer avec leurs conseillers masculins sans risquer leur réputation constituent des obstacles importants. L’ensemencement et la plantation des arbres sont généralement organisés par des agents forestiers mâles avec lesquels les femmes ont peu de contact.  

Les moyens d’existence ruraux

La division du travail et les responsabilités dans la société rurale contemporaine, est dans une grande mesure fondée sur la complémentarité des genres. Les femmes des régions rurales ont souvent des devoirs élargis envers leur famille d’origine, particulièrement dans les moments où les greniers des hommes sont vides. Leur richesse personnelle est plus utilisée pour des besoins sociaux comme s’occuper des besoins des enfants, du trousseau de la jeune fille et des cadeaux, obligatoires, à la famille et aux voisins, que pour des besoins personnels. La vie des femmes rurales est remplie non seulement par le travail domestique et agricole, mais aussi par les activités génératrices de revenu.

Loi coutumière, accès à la terre par la femme :

La relation de la femme avec la terre agricole reflète la dominance des lois ou règles et pratiques coutumières dans le Mali contemporain. Il existe plusieurs types de terre pour l’exploitation agricole féminine en dehors du domaine familial. Les femmes ont des difficultés à obtenir des crédits individuels à cause de diverses contraintes pratiques et idéologiques. L’analphabétisme, le manque de cartes d’identité, l’ignorance et la peur de négocier avec les autorités sont quelques-uns des obstacles. Le droit des femmes à utiliser la terre varie selon l’importance attribuée aux règles coutumières de la région.

Pauvreté et réduction de la pauvreté

Au Mali, la domination masculine est présentée et vécue comme une donnée immuable, religieuse et sociale, ce qui rend difficile toute tentative de changement et de mise en œuvre d’une politique de réforme. Les hommes et les femmes n’ont pas conscience des alternatives. Les hommes considèrent que leur responsabilité par rapport aux besoins de leur famille est plus importante que celle des femmes et ainsi ils imposent leur manière de faire. Et ceci même si, en pratique, les femmes sont les premières à subvenir aux besoins de la famille.

Cadre juridique des relations entre les genres :

Une série de documents nationaux et internationaux en faveur des droits démocratiques de l’individu et de la non-discrimination de tous les citoyens ainsi que des femmes en relation avec les hommes ont été signés par le gouvernement malien. Tous les textes juridiques fondamentaux comme la Constitution, la loi du Travail, le Code du Mariage et de la Tutelle confirment l’égalité pour tous sans discrimination de race, de sexe, de religion et d’appartenance ethnique. Ces lois stipulent le droit de tous à l’éducation, au travail, au repos et à l’assistance sociale.

Malgré ce qui est dit dans la Constitution et dans les textes de la loi nationale, l’application des lois n’a pas été respectée et les femmes en particulier ont souffert d’un traitement juridique différent des hommes, particulièrement en ce qui concerne la répudiation, la garde des enfants et la succession.  

La loi coutumière et sa mise en pratique

Le statut juridique des femmes maliennes est caractérisé par la coexistence des lois ou règles modernes ou coutumières. D’après les femmes activistes dans le domaine juridique, les règles coutumières sont fondées sur un principe d’inégalité entre les sexes, ce qui accorde aux hommes le rôle dominant dans la famille et la société. La dépendance des femmes vis-à-vis du pouvoir et de l’autorité masculine a plusieurs conséquences négatives, particulièrement pour les femmes analphabètes et ignorantes. Il est important de remarquer que ces traditions persistent en dépit de l’abolition des tribunaux coutumiers au début des années 60. 

Mariage, divorce et succession

Un mariage était un contrat entre lignées et était confirmé par la transmission de la compensation matrimoniale de la lignée du mari à la lignée de la femme. Si elle devenait veuve, la femme était donnée à un jeune frère de son défunt mari. Les femmes étaient vues comme des invitées dans la lignée de leur mari jusqu’au jour où elles donnaient naissance à un enfant. Elles n’avaient pas le droit de propriété dans leur famille par alliance ni dans leur maison parentale après que la compensation matrimoniale eut été payée. La richesse de la femme mariée dépendait de ce qu’elle pouvait accumuler elle-même. Dans la loi coutumière, les femmes sont toujours vues comme étant sous la protection des hommes et faisant partie de son patrimoine. La pratique de la répudiation par les hommes, qui est interdite d’après le code familial de 1962, et le statut de la veuve, sont des questions toujours discutées. 

La participation des femmes dans la vie publique

Les femmes résident dans la sphère domestique alors que la sphère publique est dominée par les hommes. Il est évident que pour des raisons d’ordre religieuses ou traditionnelles on s’attend à ce que les femmes restent dans la sphère privée. Même les associations féminines qui prospèrent au Mali sont, du point de vue des hommes, un espace considéré comme étant féminin, donc domestique, car la plupart des réunions ont lieu dans la maison ou dans la cour de l’un des membres qui sont tous des femmes. Les femmes doivent entrer dans l’arène publique pour se faire entendre. Les hommes doivent s’habituer à voir les femmes non seulement comme des êtres déterminés par le genre, mais aussi comme des citoyennes avec une volonté d’agir et d’influencer le développement de la société.  

Education et alphabétisme

À tous les niveaux, moins de filles que de garçons vont à l’école. Seulement 15% des femmes savent lire et écrire comparées à presque 32% des hommes. Comme pour l’éducation, l’analphabétisme se retrouve parmi les personnes âgées des régions rurales et pauvres. L’analphabétisme et un faible degré de scolarisations s’ajoutent aux difficultés mentionnées plus haut.

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